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Lieu de vie, de travail et de plaisir, l'atelier en Cévennes est concu pour recevoir. De la grande terrasse et sa vue sur la piscine à l'atelier de céramique, il n'y a qu'un pas. Il suffit de passer par le salon ibérique dont un des murs est orné d'une mosaïque à la gloire de Paco Ojeda. Un grand vase décoré par l'artiste à la poterie de la Madeleine à Anduze trône.Un arbustei amène un peu de fraîcheur dans cette bodega faite pour les grillades et le repos.

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LE VOYAGEUR IMMOBILE

 

 Pour l’artiste, c’est le temps du repos, de l’accalmie, du recentrage, une sorte de voyage immobile.Après avoir exploré le Bassin Méditerranéen (la Grèce et l’Egypte, inspiratrices de ses premières oeuvres sculptées, l’Espagne source de ses premières " tauromachies ") et l’ Empire du Soleil Levant (sculptures, céramiques), le voyageur est revenu au pays, s’est installé devant sa fenêtre aux pieds des Cévennes et son regard comme son pinceau ont caressé la terre de ses pères.

Au claquement des cymbales, aux hurlements des aficionados, à la violence de la mise à mort dans l’arène, aux combats des samouraï-gladiateurs ont succédé les coups de tonnerre des orages cévenols parfois mêlés de grêle, les averses brutales qui levant une fois de plus le ciel pour n’en laisser que l’azur le plus pur et les bourrasques de vent annonciatrices d’hivers rigoureux.

L’humeur de l’homme est changeante, celle des saisons aussi.Aux périodes de bonheur, d’exaltation succèdent celles du doute, de la tristesse, du désespoir et parfois de la colère.

Les champs se couvrent d’un tapis de coquelicots, les couleurs chantent avec les cigales, puis soudain le soleil se voile, la bise souffle (" Les Mûriers "), les arbres torturés par le mistral dressent leurs branches vers le ciel tels d’improbables squelettes (" Paysage de Provence ").

Autant certaines œuvres présentent une touche calme et fluide (" Champs de coquelicots ", " Automne 93 "), autant parfois les formes se découpent en de violentes hachures de couleur pour ne laisser que l’impression d’un miroir éclaté par un coup de poing rageur (" Les Coquelicots "). Aux hachures se substituent peu à peu de larges aplats révélateurs du goût de l’artiste pour une abstraction empreinte de sensualité (" Les branches de kakis ").

L’homme aime d’ailleurs ce qui révèle le vécu, la cicatrice. Ainsi sur ses toiles, la montagne cévenole éventrée par les hommes et leurs outils miniers étale ses plaies béantes qui n’ont pas encore eu le temps de cicatriser, en de multiples bandes tantôt ocres, brunes, violettes ou roses peu à peu grignotées par la végétation qui reprend ses droits.

Cette montagne omniprésente dans ses dernières peintures, inlassable contrepoint de sa musique intérieure, ressemble aux hommes qui l’habitent, austère sous des dehors riants, imprévisible, violente mais aussi généreuse.

Elle les fait rêver à d’improbables voyages qui s’arrêteront au café du coin, un soir de fête.

Elfi Roustan

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